Le Bon Marché affirme son engagement en faveur de l’égalité hommes-femmes
Les partenaires sociaux du grand magasin Le Bon Marché ont conclu à l’unanimité, le 16 avril, un accord sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.Ils avaient déjà tous signé, le 18 mars, un accord salarial entérinant un plan d’action en faveur de l’équité des salaires entre hommes et femmes pour les responsables de ventes. Soulignant que la situation du Bon Marché , au regard du principe d’égalité, est plutôt satisfaisante, les signataires notent cependant l’intérêt de formaliser l’engagement de l’entreprise en la matière. Ils « s’accordent pour considérer » qu’elle a un rôle dans la « lutte contre les distorsions induites par des phénomènes qui dépassent son cadre », tenant, par exemple, aux orientations scolaires ou à la répartition des tâches liées à la vie familiale. L’accord, triennal, s’applique depuis le 1er mai.
Une entreprise très féminisée
Le Bon Marché est une entreprise très largement féminisée, avec près 70 %de femmesdans ses effectifs. De plus, selon la direction, l’effort de diversité qui y est mené se traduit par l’emploi de 30 % de seniors, de 6 % d’étrangers, de 3 % de jeunes en alternance. Si les signataires estiment que les inégalités qui pouvaient exister entre les femmes et les hommes sont « presque intégralement résorbées », lerecrutement futur doit cependant être mené de façon à « rééquilibrer la mixité » sur des emplois pour lesquels les femmes représentent l’essentiel des effectifs. Il s’agit des emplois de conseillers de vente, d’acheteurs chefs de produits, notamment. L’accord prévoit donc de mettre en œuvre une discrimination positive en faveur des hommes dans les emplois majoritairement occupés par des femmes (et inversement). Elle doit également favoriser l’accueil des stagiaires femmes ou hommes dans les domaines où ils sont sous-représentés. En cas de mobilité interne, Le Bon Marché veille à ce que la décision d’attribution du poste tienne compte des éventuels déséquilibres constatés dans l’emploi concerné.
L’accord souligne aussi qu’une clause de respect de la diversité est mentionnée dans les contrats que Le Bon Marché signe avec lescabinets de recrutement et les entreprises de travail temporaire.
La parentalité et la carrière
L’accord renforce les droits attachés à la parentalité. Il prévoit ainsi l’extension du congé parental jusqu’au quatrième anniversaire de l’enfant. Il porte de quatre à cinq jours par an les droits à absence des parents en cas de maladie de leur enfant de moins de 14 ans, ces absences étant rémunérées selon les conditions prévues par la CCN des grands magasins. L’accord relève aussi de huit à dix jours le nombre de jours d’absence autorisés en cas de maladie d’un enfant handicapé, quel que soit son âge. Les salariés obtiennent un droit à aménagement d’horaire le jour de la rentrée scolaire, de la maternelle à la sixième incluse.
L’accord prévoit encore que, sous réserve d’une ancienneté d’un an, les salariés pères de famille bénéficient d’un congé paternité rémunéré, avec une indemnisation complémentaire égale, après déduction des indemnités journalières de la sécurité sociale, à 100 % du salaire net.
Est également prévue la mise en place d’un groupe de travail paritaire planchant sur la mise en place d’une « conciergerie d’entreprise », proposant des « services personnels » aux salariés.
Enfin, Le Bon Marché s’engage à ce que l’impact des congés maternité, adoption et parental soit « neutralisé » au regard de l’évolution des rémunérations variables.
Emploi et salaires
L’entreprise décide de poursuivre le recrutement de personnes handicapées et l’aménagement des postes de travail nécessaires pour « mieux gérer les reclassements internes », afin d’atteindre un taux d’emploi de 4 % fin 2010 (contre 1,92 % fin 2007).
Les dispositions salariales de l’accord rappellent l’attachement de la direction à une structure de rémunération comprenant une partie fixe (salaire de base) et une part variable (prime de performance) liée aux résultats des différents départements.
Toutefois, pour la sixième année consécutive, l’accord inclut une clause de sauvegarde, aux termes de laquelle les salariés, tous statuts confondus, n’ayant pas eu d’augmentation à la performance de 2007 à 2009, bénéficient d’une augmentation moyenne équivalant à l’augmentation à la performance, soit 1,5 % d’augmentation.
L’entreprise s’engage enfin à supprimer d’ici fin 2010 les écarts de rémunération injustifiés dans la population des responsables de ventes.
