Les accords sur la prévention du stress
EADS : un accord de groupe sur la prévention du stress au travail signé à l'unanimité met en place un réseau de « capteurs »Un accord de groupe sur la prévention du stress au travail signé par la direction et les cinq organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT et FO) d'EADS en France (environ 45 000 salariés) prévoit notamment la désignation de « capteurs » internes à l'entreprise, qui seront des personnes relais auxquelles les personnes en détresse pourront s'adresser. L'accord de groupe a pour objet « d'organiser et de structurer la lutte contre le stress au travail » afin de « prévenir les situations de stress », « intégrer l'évaluation des risques de stress dans les projets de changement », « créer un processus qui permette de détecter et d'évaluer les situations de stress dans l'entreprise, qu'il s'agisse de situations individuelles ou de situations collectives », « mettre en place les actions et les outils permettant de traiter les situations individuelles ou collectives de stress » et « définir une méthodologie d'appréciation de l'efficacité de ces actions et outils ».
« Une campagne d'information de tous les salariés sera engagée par chaque
société du groupe. » Cette campagne vise à mieux connaître les facteurs et
les effets du stress et à responsabiliser tous les acteurs de l'entreprise. Le
groupe mettra notamment à disposition des sociétés un document d'information.
En outre, le groupe et ses sociétés « planifieront des actions de
sensibilisation et de formation sur le stress qui seront dispensées à tous les
niveaux de la hiérarchie ». Cette formation devrait permettre à la
hiérarchie de développer la prise de conscience et la compréhension du stress.
« CAPTEURS »
L'accord prévoit que chaque société mettra en place un réseau de
« capteurs », choisis en raison des fonctions qu'ils occupent, en vue
d'améliorer la détection des situations de stress. « Sous réserve du
volontariat des intéressés, chaque établissement procédera à la désignation de
capteurs au sein des équipes des fonctions ressources humaines, médecine du
travail, hygiène et sécurité. » Cette liste sera portée à la connaissance
du personnel après information du CHSCT.
Ces « capteurs » bénéficieront d'une formation spécifique, dont le contenu
sera discuté avec le CHSCT. « Cette formation mettra notamment l'accent
sur l'écoute des personnes en situation de stress et la conduite à tenir en cas
de phénomène de stress individuel ou collectif. »
L'entreprise s'engage également à s'efforcer de « mieux prendre en compte
l'aspect humain de ses projets de changement afin d'identifier leurs facteurs
potentiels de stress et d'en atténuer les conséquences ». Pour ce faire,
elle procède à « l'évaluation systématique des risques de stress en phase
préparatoire des projets de changement et à l'élaboration préalable d'un plan
d'action pour éliminer ou réduire ces risques ».
La détection d'une situation de stress repose en priorité sur la vigilance de
la hiérarchie. Toutefois, le médecin du travail ainsi que les
« capteurs » désignés par la direction et les représentants du
personnel sont en situation de déceler les éventuelles situations de stress
individuel. Son évaluation et sa prise en compte au plan médical relèvent
exclusivement de la compétence du médecin du travail. Un numéro vert est mis à
la disposition des salariés qui ne souhaitent pas, pour des raisons
personnelles, voir leur cas évoqué au sein de l'entreprise. Ce numéro a pour
but de leur procurer les premiers conseils et de les orienter vers les
spécialistes appropriés.
PRé-DIAGNOSTIC DE VULNéRABILITé AU STRESS
Le processus de détection du stress collectif repose sur l'élaboration d'un
pré-diagnostic régulier de la situation de stress dans chaque établissement et
sur le rôle de la commission de prévention du stress de l'établissement.
Le pré-diagnostic, réalisé une fois par an, analyse une sélection d'indicateurs
généraux RH, potentiellement révélateurs de stress, dont la liste est arrêtée
par la direction après concertation avec les représentants du personnel au
CHSCT. Ce pré-diagnostic prend également en compte des informations recueillies
par les médecins du travail ou les psychologues du prestataire du numéro vert
et les résultats d'une enquête menée par les médecins du travail.
L'analyse du pré-diagnostic de vulnérabilité au stress conduit à classer les
différents secteurs sur une échelle de vigilance comprenant trois
niveaux : vigilance normale, vigilance renforcée et secteur nécessitant un
diagnostic approfondi et un plan d'action. Ce dernier niveau se justifie
lorsque des cas individuels de stress ont été enregistrés par les médecins du
travail ou lorsque plus des trois quarts des indicateurs RH sont supérieurs aux
moyennes de l'établissement.
COMMISSION DE PRéVENTION
Une commission de prévention du stress d'établissement est mise en place dans
tous les établissements de 500 salariés et plus. Elle a pour rôle d'analyser et
d'émettre un avis sur le pré-diagnostic de vulnérabilité au stress, de définir
les priorités concernant la mise en œuvre des plans d'action, d'émettre un avis
sur les projets de plan d'action, de valider les demandes d'études
complémentaires ou le recours à des consultants extérieurs, de suivre les
évolutions des indicateurs du pré-diagnostic. Cette commission doit se réunir
au moins deux fois par an, elle est présidée par le directeur de
l'établissement.
L'accord retient que « le CHSCT est une instance essentielle dans la
prévention des risques au travail » et doit donc être « étroitement
associé à la lutte contre le stress dans l'entreprise ». Le CHSCT est
notamment associé au suivi des plans d'action sectoriels mis en œuvre dans
l'établissement. Les représentants du personnel au CHSCT pourront bénéficier de
la même formation que celle prévue pour les « capteurs ».
Le traitement des cas de stress collectif identifiés et classés en priorités
par la commission de prévention du stress repose sur l'élaboration d'un
diagnostic approfondi de la situation et d'un plan d'action visant à éliminer
ou à défaut réduire les facteurs de stress. L'accord prévoit une procédure en
dix étapes, de l'établissement d'un diagnostic à la mise en place d'un plan
d'action.
SOUS-TRAITANTS
L'accord contient un chapitre spécifique aux petites (entre 10 et 50 salariés)
et aux moyennes (entre 50 et 500 salariés) entreprises du groupe. Les petites
bénéficieront des actions de formation, avec l'aide du groupe. Les moyennes
devront également établir un pré-diagnostic de vulnérabilité au stress.
Le texte évoque également la question des salariés des prestataires de service
ou des sociétés sous-traitantes : « Lorsque les hiérarchies, les
capteurs ou les représentants du personnel d'une société ou d'un établissement
du groupe EADS donneur d'ordre sont amenés à constater une situation de stress individuel
ou collectif dans une équipe travaillant sur site, la hiérarchie de la société
prestataire de service ou sous-traitante signataire du plan de prévention est
systématiquement informée par écrit de la situation, par l'intermédiaire du DRH
de l'entreprise ou établissement donneur d'ordre. »
