Spécialiste de la médiation
et de la résolution
des conflits en entreprise

Tensions entre Apple et Foxconn en Chine

Le plus important sous-traitant de «la marque à la pomme» veut transférer une partie de sa production vers des usines éloignées de Shenzhen, où s’était produite une vague de suicides. Cela n’est pas du goût d’Apple, avec lequel il négocie ferme.

Un mois après que la direction de Foxconn a accepté de relever les salaires de ses ouvriers de 70% (2000 yuans soit 290 euros au lieu de 1200 yuans),  les projecteurs de l’actualité économique se braquent à nouveau sur l'entreprise. 

Les dirigeants d’Apple et ceux de ce sous-traitant se sont réunis pour repaginer la feuille de route de leur partenariat ces prochaines années, comme l’explique le Financial Times, le 29 juin 2010. Foxconn cherchait à faire «plier» Apple à cette occasion, envisageant de transférer une partie de sa production dans deux usines fonctionnant dans de lointaines provinces. L’une à Tianjin, au Nord, et l’autre

Le précédent des suicides

Le principal site industriel du Taïwanais Foxconn, situé dans la ville de Shenzhen (non loin de Hong Kong) avait fait la une en mai dernier. Au fil des mois, une douzaine de salariés de Foxconn s’était donné la mort, sur fond de recrudescence des tensions sociales en Chine. Série noire d’autant moins banale qu’Apple est l’un des partenaires privilégiés du sous-traitant taïwanais, qui a signé par ailleurs des contrats avec Dell, HP, Nokia... Sur les 800.000 personnes qu’il emploie, 100.000 s’occupent de la chaîne d’assemblage de produits à l’effigie de la pomme multicolore, dont l’IPhone.

à Henan, dans le centre du pays. Objectif : casser la grogne sociale, à l'origine de l'inflation salariale.

Une telle scission des activités de Foxconn n’est pas du goût de la marque à la pomme. Les représentants de celle-ci semblent désarçonnés par la tournure qu’ont prise les bouillonnements sociaux récents, dont la conséquence a été la montée en flèche des coûts de production en raison de la hausse salariale. 

L'iPad va charger la barque

Selon le journaliste du Financial Times, sur place (à Beijing), des divergences se sont faites jour entre Apple et Foxconn, lequel souffrirait de sa trop forte dépendance par rapport au constructeur informatique. Le quotidien financier indique que ce redéploiement des sites de production du sous-traitant taïwanais avait déjà été au menu de négociations avec Apple. A cause du refus opposé par la marque à la pomme, la production avait accusé un fléchissement. Or le lancement récent de l’iPad charge le carnet de commandes et des solutions restent à trouver et qu’il faut bien trouver des solutions dans cette perspective.

Rappelons que la Chine, si longtemps considérée comme l’atelier des multinationales, est en pleine mue, un pays par certains côtés de plus en plus imprévisible. En raison de l’arrivée sur le marché du travail d’une nouvelle génération de Chinois, peu enclins à se «faire rouler dans la farine» en termes de salaires, les coûts de fabrication s’alourdissent toujours davantage. Marge de manœuvre mise à profit par les sociétés chinoises: se rattraper sur la productivité. 

LA CHAMBRE DE COMMERCE EUROPéENNE MéCONTENTE

Le jour où le Financial Times s’intéressait au bras de fer entre Foxconn et Apple, un nouveau signe des temps nouveaux en Chine retenait l’attention: la Chambre de Commerce européenne se plaignait des discriminations et tracasseries toujours plus vives dont les entreprises d’origine étrangère seraient la cible dans l’ex-empire du Milieu. Très remonté contre le tour de vis des autorités chinoises, un chef d’entreprise allait jusqu’à sous-entendre ceci: il ne faudrait pas considérer la Chine comme un partenaire faible à long terme.