Thales et la FEM fixent un cadre européen aux entretiens annuels d'activité
Thales et la FEM (Fédération européenne de métallurgie) ont conclu, le 14 avril, un ¤accord européen baptisé « Talk », visant à garantir que l'entretien annuel d'activité des collaborateurs du groupe se déroule « dans un climat socialement responsable de respect et d'écoute mutuels ». Les signataires ont ainsi souhaité définir un cadre clair et des repères « afin de faciliter une réelle amélioration permanente » de l'entretien, tant au niveau collectif qu'individuel. La direction souligne, pour sa part, qu'il s'agit d'un accord innovant tant sur la forme, « qui a privilégié la méthode européenne », que sur le fond, « l'entretien annuel d'activité, étant resté jusque-là une prérogative du management ».
Instaurer un dialogue face à face
L'accord, qui concernera 57000 salariés, doit entrer directement en vigueur dans 11 pays européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Norvège, Royaume-Uni et Suisse), où il s'appliquera dans le respect des accords qui se révéleraient plus favorables aux salariés. Le fil directeur de « l'entretien annuel d'évaluation » repose sur la notion de respect, d'écoute et d'équilibre, a souligné le DRH, Yves Barou, lors de la signature. Selon l'accord, cette rencontre doit donc donner lieu à un « dialogue en face à face » et doit davantage mener à une progression qu'à un double monologue. Le management de Thales s'engage à la plus grande transparence dans la définition de ses plans d'action nécessaires au développement des savoir-faire professionnel. Et un article de l'accord est consacré à l'obligation de description de poste, chaque salarié étant « en droit de connaître, les tâches qui lui incombent et disposer d'indications claires ». Les modalités de concertation à observer pour l'élaboration des emplois repères y figurent.
Principes de mise en oeuvre
L'entretien annuel s'applique à tous les salariés, y compris les managers. Il doit mesurer la contribution annuelle du salarié, mais surtout le degré demaîtrise du poste. Chaque salarié s'y exprime dans sa langue maternelle. Les échanges doivent comporter une dimension individuelle, qui peut notamment se traduire par des actions de formation, mais aussi avoir une dimension collective, rendant possible un progrès collectif.
S'agissant de la préparation et du déroulement de l'entretien, considéré comme un « moment privilégié » pour examiner les réalisations et les objectifs de l'année, l'accord souhaite prolonger le dialogue entre le manager et le collaborateur. Ainsi, les objectifs individuels, qui doivent être mis à jour et évalués régulièrement, sont fixés pendant la phase de discussion, avec pour finalité d'atteindre, autant que possible, un accord. Par ailleurs, l'accord accorde une place importante à l'« auto-évaluation individuelle», qui constitue une étape importante du processus et doit être communiquée au plus tard au début de la discussion.
Mise en place de garde-fous
L'accord européen précise qu'il ne met pas en cause les augmentations de salaires générales, prévues par les conventions collectives ou d'autres accords. De plus, pour que d'éventuelles dérives dans la pratique de l'entretien soient repérées et corrigées, l'accord met en place deux procédures.
Procédure d'appel. En cas de désaccords relatifs à l'évaluation des résultats ou à la démarche de l'entretien, une procédure d'appel sera mise en place, nonobstant les dispositions des procédures nationales. Cette procédure, annuelle, s'organisera de la manière suivante :
- les parties s'efforceront de résoudre le désaccord en se réunissant une deuxième fois ;
- dans le cas où elles ne parviendraient pas à un accord, une troisième réunion pourra être organisée, à laquelle chaque partie pourra se faire accompagner de la personne de son choix ;
- un éventuel désaccord persistant pourra, si nécessaire, être transmis par le salarié aux généralistes RH pour y être enregistré. Dans le cas où la législation nationale comporterait déjà une procédure d'appel (par exemple, aux Pays-Bas, au RU et en Allemagne), l'accord invite les partenaires sociaux de ces pays à les partager au niveau européen, afin d'enrichir les « bonnes pratiques ».
• Procédure d'alerte. En cas d'éventuelles dérives dans la mise en oeuvre des entretiens, un dispositif d'alerte sera mis en place, sans préjudice des procédures déjà existantes :
dans chaque pays, les partenaires sociaux évoqueront la bonne mise en oeuvre de cette procédure d'alerte, qui sera évaluée périodiquement
- les dispositifs nationaux seront consignés dans une base européenne de bonnes pratiques
- le cas échéant, un audit analysera les différentes campagnes d'entretien annuel d'activité.
Accord européen du 14 avril 2010 encadrant les entretiens annuels d'activité chez Thales
